Thé

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Le théier

Le thé est une boisson légèrement excitante, obtenue par infusion des feuilles du théier, préalablement séchées et parfois fermentées.

D'origine chinoise, où il est connu depuis l'antiquité, le thé est aujourd'hui la boisson la plus bue au monde après l'eau. La boisson elle-même peut prendre des formes très diverses : additionnée de lait et de sucre en Angleterre, longuement bouillie avec des épices en Mongolie, préparée dans de minuscules théières dans la technique chinoise du gōngfū chá.

Par analogie, le mot désigne aussi en France une infusion préparée à partir d'autres plantes (par ex. thé de tilleul) bien que l'on doive parler plus proprement de tisane.

Sommaire

Le mot « thé »

Le sinogramme pour thé est qui a deux prononciations différentes. La prononciation officielle (aussi utilisée en cantonais et en mandarin) est chá, et vient du mot cueillir. Plusieurs langues l'ont empruntée dont le portugais (chá), le russe (tchaï), le japonais (茶, ちゃ, cha), le turc et le persan.

L'autre prononciation est te qui vient du mot malais désignant cette boisson dans le dialecte Min-nan pratiqué en Amoy. Les Hollandais qui introduisirent le thé en Europe en 1606, l'ayant acheté à Java, le nommèrent thee, d'où le français thé, l'anglais tea, l'allemand tee, etc.

En Amérique du Sud le thé est parfois désigné par un terme sans relation aucune avec le chinois. Une autre boisson stimulante, le maté, était consommée bien avant l'introduction du thé, aussi dans différents endroits d'Amérique du Sud, tout particulièrement dans les pays andins, le thé est appelé maté.

Histoire

L'âge du thé bouilli

Le thé apparaît en Chine sous la dynastie des Han de l'Ouest (-206 av. - 24). Il est d'emblée apprécié pour ses vertus thérapeutiques, comme soulageant les fatigues, fortifiant la volonté et ranimant la vue. Il devient une boisson quotidienne en Chine sous la dynastie des Han de l'Est(25 - 220) et à l'époque des Trois Royaumes(220-280).

Les feuilles de thés sont alors broyées et la poudre obtenue compactée sous forme de briques, plus facilement transportables. On mélangeait parfois le thé avec un liquide, comme du sang, pour obtenir des briques plus solides.

Pour le préparer, on émiettait les briques, puis on faisait griller la poudre obtenue pour des raisons hygiéniques (les briques étaient souvent infestées de vers et d'insectes) et aussi pour donner au thé un goût plaisant. La poudre était ensuite bouillie avec des miettes de sel, et parfois du gingembre, de l'oignon, etc. On obtient ainsi une mixture épaisse, à la saveur corsée, servie dans un large bol qui passait de main en main.

Les briques de thés servaient également aux Chinois de monnaie d'échange, à tel point qu'elles faisaient l'objet d'un monopole d'État. Elles leur permettaient notamment de se procurer des chevaux auprès des peuples « barbares » du Nord. C'est ainsi que le thé s'est introduit en Mongolie où de nos jours il est toujours préparé bouilli, salé, additionné de lait de yack ou de vache.

Le thé battu

Sous la dynastie des Song du Nord (690-1279) on préparait le thé battu. Les feuilles étaient broyées sous une meule afin d'obtenir une poudre très fine, que l'on fouettait ensuite dans l'eau chaude pour obtenir une mousse substantielle. Ce thé était aussi servi dans un grand bol commun à plusieurs convives.

Le thé devient la boisson de prédilection des lettrés sous la dynastie Tang (618 - 907). Il est introduit au Japon au début du XIIe siècle par le prêtre Eisai. Ce mode de préparation y est encore pratiqué lors de la cérémonie du thé (chanoyu).

Le thé infusé

En 1391, Hongwu, le premier empereur de la dynastie Ming décréta que les tributs en thé livrés à la cour devaient l'être non plus sous forme de briques, mais de feuilles entières. Ce décret impérial modifia rapidement les habitudes de consommation du thé. Désormais, les feuilles de thé sont directement infusées dans l'eau chaude.

Le service du thé subit de profonds bouleversements. Il fut désormais conservé dans des boîtes réservées à cet usage et préparé dans un ustensile d'un nouveau genre : une théière. On le servait dans de petites tasses individuelles destinées à en exhaler l'odeur et la saveur. Cette nouvelle vaisselle de théières, de bouilloires, de soucoupes, de tasses devint rapidement objet d'un artisanat raffiné à destination de riches collectionneurs.

On distinguait maintenant les thés suivant leurs régions d'origine, l'aspect des feuilles, leur couleur. Le façonnage devint également un objet d'attention, car les feuilles de thé pouvait être roulées en boules, en « aiguilles », savamment pliées et liées entre elles pour former des fleurs, des têtes de dragons, etc.

Au début de la dynastie des Qing (1664 - 1911) un ustensile particulier apparaît : le zhōng (on parle aussi de gàiwǎn 蓋碗 ou de gàibēi 蓋杯) - une sorte de tasse sans anse, à couvercle, dans laquelle on met directement les feuilles à infuser.

Introduction du thé en Europe

Le thé, tout comme le café, fut introduit en Europe par les hollandais : en 1606, un navire hollandais de la Dutch East Company embarqua à Java quelques caisses de thé, échangées contre des caisses de sauge. Soit que les hollandais achetèrent alors des thés fermentés, soit que le thé fermenta naturellement au cours du voyage, toujours est-il que le thé fut d'abord connu en Europe sous la forme de « thé noir ».

En 1653, les premières caisses arrivent en Angleterre où le thé se répand rapidement, porté par la vogue du café. La reine Anne Stuart le consomme pour la première fois au petit déjeuner. Anne, Duchesse de Bedford (1788-1861) est la première à inviter ses amies pour une petite collation lors de l'après-midi, autour d'une tasse de thé accompagnée de petit gâteaux, de sandwiches, de pâtisseries. Elle imite une habitude des salons français, qui d'ailleurs disparut en France, avant d'être de nouveau réintroduite à la fin du XIXe siècle... par imitation de la tradition anglaise !

La pratique éminemment sociale de l'afternoon tea se répandit dans toutes les couches de la population et se formalisa au XIXe siècle en five o'clock tea.

Le thé devint au cours des XVIIe siècle et XVIIIe siècle un enjeu économique majeur, l'objet d'une lutte acharnée entre Anglais et Hollandais. La Compagnie des Indes Orientales, fondée en 1599 par la reine Élisabeth, eut le monopole du commerce du thé jusqu'en 1834.

En 1638, le Japon ferma ses ports à l'Occident pour plus de deux siècles. La Chine devint donc la principale source d'approvisionnement en thé. À la fin du XVIIIe siècle, les Anglais mirent en place un système triangulaire tout à leur avantage : le pavot produit dans leurs colonies indiennes, transformé en opium, était échangé contre du thé en Chine, et vendu ensuite sur le marché européen.

La Chine tenta de s'opposer à l'importation de l'opium : interdictions de l'importation, saisies et destructions de caisses se succédèrent sans effet. Après la première puis la deuxième guerre de l'opium, la Chine est contrainte d'autoriser le commerce de l'opium, de limiter ses tarifs douaniers, d'ouvrir des ports à l'Occident, de céder Hong Kong aux Anglais, etc.

La Boston Tea Party fut, en 1773, un acte de désobéissance dans lequel des habitants des colonies qui allaient constituer les États-Unis d'Amérique jetèrent à la mer des caisses de thé britannique pour protester contre les taxes. Cet événement préfigure la Guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique.

En 1823, le Major Robert Bruce découvrit en Assam une espèce indigène de théier. En 1834, pour pallier la perte de son monopole, la Compagnie des Indes Orientales entreprit d'installer des fabriques de thé en Inde. Elle commissionna, en 1848, Robert Fortune pour un voyage d'exploration en Chine, en fait une véritable entreprise d'espionnage industriel. Déguisé en Chinois, se fondant sans difficulté dans la foule, Fortune mena remarquablement à bien sa mission. Il parvint à envoyer en Inde pas moins de 20 000 plants de théiers chinois et surtout à recruter huit fabricants de thé qui livrèrent à la Compagnie tous les secrets pour mener à bien la culture du thé. La variété assamaise se révéla la mieux adaptée au climat très chaud de la péninsule indienne. Elle fut rapidement plantée en Inde et à Ceylan. Aujourd'hui la plupart du thé produit dans le monde provient de cette variété.

Mythes et légendes

Selon une légende, Gautama Bouddha découvrit le thé quand une feuille tomba dans sa tasse alors qu'il méditait, assis dans un jardin.

Selon une autre légende, c'est Bodhidharma qui, s'étant coupé les paupières pour ne pas s'endormir pendant qu'il méditait, vit les premières plantes pousser là où ses paupières étaient tombées.

Dans une autre légende, c'est pendant une tournée de l'empereur de Chine Shen Neng, que quelques feuilles de thé sont tombées d'un arbre sauvage dans l'eau chaude de sa boisson, formant une liqueur brun-jaune. Il goûta la mixture par curiosité et fut séduit par son arôme et ses propriétés stimulantes.

Culture

Plantation de thé en Malaisie

Le thé est cultivé dans le monde entier, principalement en Chine, en Inde, au Sri Lanka, à Taïwan, au Japon, au Népal, en Turquie et au Kenya.

(Note : dans le commerce du thé, le Sri Lanka et Taïwan sont désignés par leurs anciens noms de Ceylan et Formose, respectivement.)

Le théier a besoin d'un climat chaud et humide, avec une saison sèche peu marquée. En plantation (densité de 10 000 pieds par hectare), le théier est taillé pour ne pas dépasser un mètre de haut, afin de faciliter la cueillette. Les premières récoltes commencent au bout de trois à quatre ans.

La cueillette

La cueillette s'effectue encore à la main, le plus souvent par des femmes, sauf au Japon et en Géorgie où elle est mécanisée. Elle se pratique plusieurs fois par an, jusqu'à quatre fois ou plus suivant les régions. Les cueillettes se font par round de 4 à 14 jours, le temps que le théier se renouvelle.

Les feuilles les plus jeunes sont vert clair. Ce sont les plus riches en substance (théine, tannin, etc) et celles qui fournissent la boisson la plus goûteuse et la plus raffinée. À l'extrémité des branches on trouve un bourgeon recouvert d'un duvet blanchâtre, le pekoe, qui signifie en chinois duvet blanc et qui n'est autre que la jeune pousse enroulée sur elle-même. Ce bourgeon est particulièrement recherché. Plus on redescend sur la branche, plus les feuilles sont larges et moins la boisson sera savoureuse.

On effectue donc plusieurs sortes de cueillette suivant la qualité recherchée de la boisson. Dans la cueillette dite « impériale », on cueille uniquement le pekoe plus une feuille, dans la cueillette « fine », le pekoe plus deux feuilles et dans la cueillette normale, le pekoe et trois feuilles ou plus.

Pour les thés noirs d'Inde et de Ceylan, le bourgeon terminal est dénommé tip. La classification précise de la qualité de la récolte est :

  • FOP (Flowery Orange pekoe) : le tip et une feuille (cueillette impériale). La classification est ensuite affinée, pour rendre de compte de la quantité relative en tip, et ensuite de leur qualité. Par ordre croissant de qualité on trouve :
    • GFOP : Golden Flowery Orange Pekoe ;
    • TGFOP : Tippy Golden Flowery Orange Pekoe ;
    • TGFOP 1 : Tippy Golden Flowery Orange Pekoe One ;
    • FTGFOP : Finest Tippy Golden Flowery Orange Pekoe ;
    • FTGFOP1 : Finest Tippy Golden Flowery Orange Pekoe One ;
    • SFTGFOP : Special Finest Tippy Golden Flowery Orange Pekoe ;
    • SFTGFOP 1 : Special Finest Tippy Golden Flowery Orange Pekoe One.
  • OP (Orange Pekoe) : tip et deux feuilles (cueillette fine) ;
  • FP (Flowery Pekoe) : feuilles roulées en boule.
  • Pekoe : feuilles moins fines, sans bourgeons, d'aspect grossier ;
  • Souchong : très grandes feuilles, feuilles basses sur le théier, larges et âgées, utilisées pour préparer les thés fumés ;
  • Pekoe Souchong : cueillette grossière.

Le terme Orange signifie « royale », par allusion à la famille royale des Pays-Bas, les Orange-Nassau. Lors du roulage, le suc des feuilles va imprégner les tips, lui conférant une couleur dorée ou argentée d'où les termes Golden et Silver.

Procédés de fabrication

Les différentes sortes de thés (noirs, verts, oolong, etc.) ne proviennent pas de différentes espèces de théier, comme on l'a longtemps cru en Occident, mais sont obtenues en traitant différemment les feuilles récoltées. Si les opérations élémentaires sont simples à décrire, les méthodes exactes sont des secrets industriels jalousement gardées.

En plus des opérations décrites ci-dessous, les feuilles de thé sont parfois façonnées à la main en boules, en fleurs, en dragons, etc.

Thé vert

Article détaillé : Thé vert.

Après la cueillette, les feuilles sont souvent flétries, puis chauffées très rapidement à haute température, afin de détruire les enzymes et donc de bloquer la fermentation. Elles sont ensuite roulées et séchées plusieurs fois. La méthode chinoise utilise des bassines de cuivre placées sur le feu, alors que la méthode japonaise utilise un séchage à la vapeur.

Thé jaune

Article détaillé : Thé jaune.

Thés d'origine chinoise, les plus fins et souvent les plus rares des thés. Très délicats, ils subissent une légère fermentation à l'étouffée et leurs feuilles ne sont pas travaillées. Seuls les bourgeons duveteux sont utilisés.

Thé blanc

Article détaillé : Thé blanc.

Thés d'origine chinoise, à l'instar des thés jaunes, ce sont des thés très délicats qui, eux, ne subissent aucune fermentation. Les trois premières feuilles, dont le bourgeon, peuvent être présentes, toujours entières. Elles sont simplement séchées à l'air libre.

Thé semi-fermenté

Article détaillé : Thé Oolong.

Thé d'origine chinoise ou taiwanaise (Formose), également appelés en France Oolong. Les feuilles sont d'abord flétries au soleil afin de démarrer la fermentation, puis brassées dans une pièce chaude (25 °C) et humide (85 %). Plus cette étape est longue, plus la fermentation sera importante. Dans la méthode chinoise, la fermentation n'est que de 12 à 20 %. Dans la méthode de Formose elle est stoppée à 60/70 %. La fermentation est ensuite stoppée par chauffage dans une bassine en fer.

Thé rouge

Article détaillé : Thé rouge.

Les Chinois nomment thés rouges des thés oolong dont la fermentation est poussée à 100%, ce qui les rapproche de nos thés noirs.

D'autre part, le thé rouge vendu en Europe est généralement la dénomination illégale donnée à une plante différente du thé poussant en Afrique du Sud, l'Aspalathus Linearis ou rooibos, qui ne contient pas de théine et peu de tanin.

Thé noir

Article détaillé : Pu-erh.

L'appellation thé noir (Pu-Erh) désigne en Chine des thés entièrement fermentés ayant subi une post-fermentation. Pour cela on les conserve plusieurs années dans des pots en terre entreposés dans des caves fraîches. Ce sont des thés de garde. Très coûteux, ils ne sont connus la plupart du temps des Occidentaux que par les versions dont la post-fermentation ne dépasse pas quelques jours, commercialisées par la République Populaire de Chine.

Le thé noir en Occident

Article détaillé : Thé noir.

Les thés noirs communément commercialisé en Occident sont issus d'un processus de fabrication mis au point par les Anglais, en Inde, au milieu du XIXième siècle. Les Anglais se sont inspirés des méthodes chinoises, qu'ils ont largement rationalisées et simplifiées, introduisant notamment l'usage de machines (broyeuses, séchoirs, tamis, etc.) là où les Chinois continuent à préparer les thés à la main.

Le procédé orthodoxe
  • Le flétrissage (18 à 32 heures) : permet de retirer une partie de l'humidité présente dans les feuilles fraîches.
  • Le roulage (30 minutes) : les feuilles sont roulées, cela à pour effet de briser les cellules de la feuille qui libéreront des enzymes permettant une meilleure fermentation.
  • La fermentation (1 à 3 heures) : les feuilles sont mises à reposer dans une pièce chaude et humide
  • La dessiccation (20 minutes) : pour arrêter la fermentation on soumet les feuilles à une température de 90 °C.
  • Le tamisage : il s'agit de trier les feuilles et de les emballer.
Le procédé CTC
après avoir été légèrement flétries et coupées, les feuilles sont totalement déchiquetées par des cylindres équipés de lames métalliques. Elles sont ensuite roulées dans un ghoogi (tonneau tournant sur lui-même).

Il existe des variantes à ces méthodes, la famille des thés noirs étant la plus grande et la plus répandue de par le monde.

La plupart du temps, le vendeur mélange des feuilles déchiquetées provenant de diverses plantations pour obtenir un thé à la saveur précise correspondant au produit qu'il commercialise.

D'autres thés

Quelques thés célèbres

  • Darjeeling, Assam et Nilgiri : thés noirs originaires des régions du même nom en Inde où la culture du thé fut importée par les Anglais au XIXe siècle.
  • Ceylan : thé noir originaire du Sri Lanka, dont l'ancien nom est Ceylan.
  • Gunpowder : thé vert d'origine chinoise. Ce thé est fabriqué de telle manière qu'il forme de petites boulettes très dures. Cette forme et sa couleur vert très foncé lui ont valu cette appellation qui signifie en anglais « poudre à canon ». Ce conditionnement facilitant le transport, ce fut un des premiers thés exportés vers l'Occident par les chinois sur la route de la soie. C'est sans doute pour cela qu'on le retrouve dans la préparation du thé à la menthe dans les pays arabes qui furent les premiers à « recevoir » ce thé.
  • Lapsang Souchong : thé chinois de la province du Fujian. C'est un thé noir dont les feuilles sont placées dans la fumée d'un feu d'épicéa ou de cyprès, ce qui lui donne un goût fumé plus ou moins marqué.

Thés parfumés

Une fois les feuilles de thé préparées, des additifs peuvent être utilisés pour parfumer le thé avant son infusion. Cela peut-être des fleurs (jasmin, rose), des essences (bergamote, citron) ou bien encore des épices (gingembre, cardamome, cannelle, poivre noir, clou de girofle, muscade). Le plus souvent, ces arômes sont ajoutés à un thé noir « à l'occidentale ».

Quelques thés parfumés célèbres :

  • Thé au jasmin : thé noir auquel sont ajoutées lors de l'oxydation des fleurs de jasmin. Il en reste un peu comme décoration.
  • Thé à la menthe : thé vert (en général du Gunpowder) auquel sont ajoutées des feuilles de menthe fraîche et du sucre.
  • Earl Grey : thé noir parfumé à l'essence de bergamote.

Ersatz

Certaines boissons portent faussement le nom de thé, sans qu'elles n'aient rien à voir avec la plante « théier ». Citons, entre autres :

  • le Maté (ou hierba mate) qui est un buisson qui pousse surtout en Argentine, en Uruguay et au Brésil.
  • le « thé » rouge d'Afrique du Sud, qui provient en fait du Rooibos (buisson rougeâtre). Il ne contient pas du tout de caféine.
  • le Lapacho (nommé aussi Taheebo) qui est la doublure interne de l'écorce d'un arbre qui croît dans la jungle brésilienne.
  • Le thé Hoasca à base de plantes d'Amazonie, qui contient des alcaloïdes.
  • deux boissons japonaises : le Mugicha, à base d'orge, et le Sobacha, à base de sarrasin.
  • le thé aux herbes qui ne fait référence à aucune plante, ni même à une fleur spécifique. Ce terme est souvent utilisé pour désigner une infusion de plantes très différentes du thé.

Modes de préparation

Cérémonie du Thé au Japon
Article principal : Préparation du thé

Le thé noir est infusé dans une théière, avec une eau à 95°C, de 30 secondes à 5 minutes, suivant la qualité du thé. Ces thés sont parfois additionnés de sucre et de lait pour en atténuer l'amertume.

Le oolong est infusé dans une eau à 95°C, de 4 à 6 min. Ces thés se préparent également par la méthode du gōngfū chá.

Le thé vert est infusé dans une eau moins chaude, entre 70°C et 80°C, pendant 2 à 3 minutes. Les thés jaunes ou blancs sont préparés de même, dans une eau de moins en moins chaude au fur et à mesure que la qualité du thé augmente. Ces thés se préparent aussi en zhōng.

Moins longtemps le thé infuse, plus il devient un excitant, car la théine se diffuse lors de la première minute d'infusion, alors qu'après 3 à 5 minutes, ce sont les tanins qui sont libérés qui neutralisent la théine dans le tube digestif.

Composition et vertus du thé

Une simple tasse de thé est un mélange complexe de plus de 500 substances actives. Outre les différences liées à la nature du thé, la durée d'infusion, la nature et la température de l'eau entraînent une variabilité extrême de la composition de la boisson.

Les principaux composants du thé sont l'eau (environ 75 % du thé « sec »), des tannins (environ 4%), des protéines (~4%, seule l'albumine est soluble dans l'eau), des lipides (moins de 1%), des acides organiques, de la caféine, des vitamines (A, B, C, E, P), des minéraux (potassium, phosphore, magnésium) et des centaines de substances aromatiques.

Le thé est également un excellent antioxydant. Le thé vert renferme des catéchines (épicatéchine, gallate d'épicatéchine, épigallocatéchine, gallate d'épigallocatéchine) et sa fermentation les transforme en théaflavines (thé oolong) et théarubigènes (thé noir). La consommation d'une tasse de thé assure une protection antioxydante maximale après une à cinq heures.

La théine, découverte en 1827 par Oudry, a été identifié en 1838 à la caféine. Le terme n'a pourtant jamais disparu du langage courant. Les effets excitants du thé sont notablement différents de celui du café. Les polyphénols oxydés contenus dans le thé lient l’effet de la théine. Ainsi cette théine est lâchée dans le sang sur une durée pouvant aller de 6 à 8 heures et de manière uniforme. La caféine du café sera lâchée rapidement, produisant un pic d’intensité, qui retombe aussitôt, sur une durée de 2 à 3 heures. C’est pourquoi le thé est réputé « stimuler sans énerver ».

La question de savoir quels sont les thés les plus excitants est toujours débattue. Les thés japonais contiennent une proportion notable de vitamine C, ce qui les rend donc plus stimulants que les thés chinois ou indiens.

En se basant sur l'effet démontré de tel ou tel de ses composants, on prête au thé les vertus les plus variées. Il entretiendrait le système nerveux, préviendrait le cancer, ralentirait le vieillissement, favoriserait le drainage, éviterait les caries, fluidifierait le sang, contrôlerait l'hypertension, etc. Toutefois, l'effet bénéfique d'une consommation régulière de thé n'a jamais pu être mis en évidence de manière probante. Le thé reste néanmoins un élément essentiel de la phytothérapie chinoise, de nature plus préventive que curative.

Économie du thé

L'essentiel du thé est produit par de grandes exploitations en Inde ou au Sri Lanka, à destination des grandes entreprises de l'agro-alimentaire. À l'opposé de cette production industrielle, de nombreux « jardins », plantations parfois minuscules, fabriquent des thés très recherchés des amateurs. Ces derniers peuvent se comparer aux très grands crus de vins français, à la fois par leur rareté et par leur prix. Leur économie échappe largement aux grands courants mondiaux.

Statistiques

Répartition de la production mondiale de thé en 2003 ██ Pays non producteur ██  Moins de 5%. ██  De 5 à 10%. ██  Plus de 10%
Répartition de la production mondiale de thé en 2003

██ Pays non producteur

██  Moins de 5%.

██  De 5 à 10%.

██  Plus de 10%

Répartition de la production mondiale de thé en 2003

Production

En 2003, la production mondiale de thé a atteint 3,15 millions de tonnes. Le principal pays producteur est l'Inde suivi par la Chine, le Sri Lanka et le Kenya.

Class. Produit Production (MT) Note

1 Inde 845,000 F

2 Chine 800,000 F

3 Sri Lanka 303,000 F

4 Kenya 290,000 F

5 Indonésie 158,843 F

6 Turquie 131,000 F

7 Viet Nam 97,000 F

8 Japon 95,000 F

9 Argentine 64,000 F

10 Bangladesh 60,000 F

11 Iran (République islamique d') 50,000 F

12 Malawi 45,000 F

13 Ouganda 35,000 F

14 République-Unie de Tanzanie 25,500 F

15 Géorgie 24,000 F

16 Myanmar 24,000 F

17 Zimbabwe 22,000 F

18 Rwanda 15,484 F

19 Afrique du Sud 13,000 F

20 Mozambique 10,500 F


F = Estimation de la FAO | * = Renseignement officieux Source : Département économique et social, La division de la statistique du FAO


Production de thé biologique

La production de thé biologique est toujours en hausse, elle atteint 3 500 tonnes en 2003. La majorité de la production de ce thé (environ 75 %) est destinée à la France, l'Allemagne, le Japon, le Royaume-Uni ou les États-Unis. La Chine reste aujourd'hui le seul pays à produire toutes les familles de thé (thé blanc, thé jaune, thé vert, thé bleu-vert, thé rouge et thé noir).

Échanges

Exportations

La quantité de thé produite augmente mais les échanges sont en baisse, les exportations mondiales étaient de 1,4 millions de tonnes de thé en 2003 ce qui correspond à une diminution de 2,6 % par rapport à l'année 2002. Ceci est principalement dû à la forte diminution des exportations de l'Inde et de l'Indonésie.

Importations

Les principaux importateurs de thé sont la CEI, l'Union européenne, le Pakistan, les États-Unis, l'Égypte et le Japon. La quantité de thé importée en 2003 a atteint 1,39 millions de tonnes, soit une hausse de 1 % par rapport à l'année précédente.

Prix

Évolution du prix moyen du thé depuis 1989

Les quantités importantes de thé produites en 2003 n'ont que peu affecté les prix qui sont restés relativement stables en 2003.

Voir aussi

Liens externes

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